L'art au service de la phobie sociale.

Café Society.

Etats-Unis, années ’30. Bobby, jeune garçon dont l’ambition est fruit de la naïveté, décide de quitter son Bronx natal, son avenir incertain et son cadre familial calamiteux pour se rendre à Hollywood.

Son innocence rassurante, sa détermination insistante, et, il faut bien le dire, le coup de piston de son oncle Phil, agent de stars reconnu dans le milieu, vont lui permettre de se faire rapidement une place parmi le surfait mais non moins prisé gratin Californien. De l’agence de stars de tonton aux cocktails mondains, il fait de son rêve d’enfant une réalité, acquiert de l’assurance et trouve l’amour. Un amour, qui, Woody oblige, s’avérera complexe.

Dire qu’un artiste fait de son obsession pour un thème l’étendue de son oeuvre reviendrait à énoncer une évidence. Si Almodovar a fait des relations domestiques le sujet de ses films, Woody Allen ne se lasse pas de mettre en scène des triangles amoureux tourmentés (Notamment dans Vicky Cristina Barcelona) en entremêlant savamment bonheur et argent, convaincu que le premier est incompatible avec le second. Quitte à en devenir redondant?

Pour cet énième long métrage, c’est un énième portrait sarcastique de la bourgeoisie clinquante qui est dressé. Les gens de la haute évoluent au sein de leurs belles maisons et de leurs soirées chics mais n’ont que peu de profondeur d’âme tandis que ceux avec moins de moyens ont des valeurs et des principes. Stéréotypé, vous dites?

Est également reproduit, à une variante près, un schéma familial déjà maintes et maintes fois exploité par Woody Allen : l’un des deux membres de la fratrie est riche et sans principes tandis que l’autre est plus modeste mais adopte une meilleure ligne de conduite. Déjà vu, vous dites ?

Et tiens, puisque ce sont dans les vieux pots que l’on fait les meilleurs soupes, pourquoi ne pas également reproduire cette situation dans laquelle l’élévation dans l’échelle sociale dépend d’une tierce personne  ?  Ainsi, Allen met en valeur de façon infatigable ce qui semble être si important à ses yeux : la réussite est un savant mélange de chance et de culot.

Il y a des talents tellement évidents qu’il serrait malhonnête de les nier. Woody Allen, indéniablement, est un génie de la réalisation et de la narration (il est d’ailleurs la voix off qui conte l’histoire, apportant une dose d’ironie primordiale au film). L’atmosphère est posée de façon si ingénieuse qu’elle nous absorbe comme à chaque fois : les musiques jazz aident la tragédie à s’installer et nous happent comme des aimants sonores, tandis que le décors visuel nous hypnotise inlassablement à chaque scène.

Pourtant demeure cette désagréable sensation de déjà vu. L’encre de l’inspiration de l’octogénaire, celle qui fait la consistance de son oeuvre, commencerait-elle à s’épuiser, quitte à épuiser son public ?

*il faut cliquer!

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