L'enfer, c'est les autres

Le coach en séduction.

Chaque époque voit émerger son lot de figures emblématiques qui marqueront les esprits pour des générations à venir. Créateurs d’inventions révolutionnaires, artistes, grands sportifs, icônes de beauté… Il y a ceux qui exploitent leur caractère extraordinaire pour apporter une pierre novatrice à l’édifice historique. Et puis, il y a les autres. Ces personnes, ni particulièrement belles, ni particulièrement douées, qui ont rendu les maux de leur temps monnayables. Parmi eux : le coach en séduction.

 Son profil psychologique est généralement assez simple à dresser : ancienne tête de turc durant sa scolarité, un surplus de confiance lui est survenu, lorsque, passé l’adolescence, ses boutons d’acné se sont effacés pour laisser place à un visage finalement pas aussi repoussant qu’à l’époque où ses camarades le prenaient pour cible.

Regonflé par la conviction que tout le monde a le droit à une seconde chance, l’ex souffre douleur a donc vu sa voie professionnelle s’offrir à ses yeux comme une évidence : il sera le gourou amoureux de l’oreille attentive et désespérée qui voudra bien l’écouter (et le rémunérer).

En évoluant, les refus systématiques du sexe opposé sont en effet devenu moins fréquents. De Francis Heaulme, la chrysalide se serait transformée en Mickael Vendetta, autrement dit : un réel beau gosse.  Un sentiment nouveau est alors apparu dans ce corps en pleine progression : la confiance en soi.

Et c’est le moment qu’il choisit pour faire sa sournoise apparition sur la scène du commerce florissant du désespoir. Affublé de son pantalon Celio chiné et d’une écharpe colorée négligemment déposée sur ses épaules, il aura l’audace de prodiguer des leçons de style à des proies socialement inaptes, persuadées qu’un blaireau illégitime pourra résoudre le problème de l’inexistence de leur vie sexuelle.

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Après l’initiatique rendez-vous dans un café branché (Le coach en séduction aime ce qui est « branché » car ça lui donne l’illusion qu’il n’est plus rejeté-et de surcroit, plus un blaireau-) de Chatelet Les Halles, passage éclair à l’étape 2. Les malheureuses victimes, prêtes à tout pour perdre leur virginité avant leurs 30 ans imminents, se verront face à un défi : la drague en milieu urbain. Comprenez : alpaguer dans une rue bondée une malheureuse inconnue à la manière d’un héroïnomane en manque. But : chopper son numéro. Taux de réussite : 0%, évidemment. La drague sauvage n’étant déjà pas très efficace pour quelqu’un de physiquement avantagé, imaginez pour cette situation. Taux d’humiliation : 100%. Finalité de l’expérience ? Aucune pour le pauvre coaché, dont la confiance en lui sera réduite à encore plus lamentable qu’à son arrivée. Le coach en séduction, lui, aura tiré profit de l’aventure théâtralisée : il aura surfé sur une vague de désespoir très lucrative. Une vengeance à sa façon ?

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Une réflexion sur “Le coach en séduction.

  1. « Et c’est le moment qu’il choisit pour faire sa sournoise apparition sur la scène du commerce florissant du désespoir. Affublé de son pantalon Celio chiné et d’une écharpe colorée négligemment déposée sur ses épaules, il aura l’audace de prodiguer des leçons de style à des proies socialement inaptes, persuadées qu’un blaireau illégitime pourra résoudre le problème de l’inexistence de leur vie sexuelle. »

    HA! Joli crochet du droit virtuel.

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