L'enfer, c'est les autres

Vieillir à tout prix.

Quelle plaie de grandir. Mais pas pour tout le monde.

Entre la vingtaine, sortie de l’adolescence, et la trentaine, prémices de l’âge mûr, se situe une période charnière.

Pour le commun des mortels, elle représente les dernières années de consommation sans modération. Les dernières relations polygames. Les dernières prises de stupéfiants. Les dernières occasions de se coucher après l’aube. Les derniers loyers qu’on laissera papa et maman régler. Les dernières fiches d’impositions que l’on s’autorisera à ne pas savoir remplir. La tempête avant le calme. La face amusante, en somme. Celle dont on profite avant de se ranger du côté peu engageant des adultes.

Enfin, tout est une question de perception. Car il y a bien ceux pour qui cette période est si obsolète qu’ils la supprimeraient bien pour être directement propulsés vingt ans plus loin.

À vrai dire, ce cas concerne essentiellement les filles, même si d’irréductibles hommes confirment la règle. Et l’on peut même affiner le profilage : ce sont celles qui, ayant profité à outrance durant leurs jeunes années, ressentent un besoin compulsif de stabilité; et celles qui, manquant cruellement de fantaisie, ont depuis toujours décidé que l’adolescence, ses excès et ses expérimentations, ne feraient pas partie de leur vie. Quel que soit le profil, la finalité est la même : faire de la conformité une priorité.

25 ans ? Pas de temps de chômer ! Biberonnées aux contes de fées populaires ou désireuses de rattraper un précédent carnage, l’urgence est à la reproduction d’un fantasme fermement encré dans leur esprit. Il représente très succinctement le père et la mère réunis autour d’un ou plusieurs enfants. Et pourquoi pas un clebs. Alors, gare à celui qui croisera la route de la jeune fille pleine d’espoirs : il se devra de nourrir les dites projections sur la vie à deux et de donner, de surcroit, le plus urgemment possible,  mariage, enfants et toit commun.

Plutôt simpliste, la fille ne nourrit pas de hautes ambitions professionnelles. Travail, ascension, échelons ? Très peu pour elle. Les envies de réussite lui paraissent aussi abstraites qu’un rail de coke. Un rejeton suffirait amplement à son accomplissement. Et elle ne comprend pas pourquoi tout le monde n’est pas dans ce cas.

Que font tous ces badauds, à sociabiliser, buvant un verre, allant en soirée, plutôt que de préparer l’arrivée d’un supposé bébé ?

Coincée dans cette génération de jeunes qui s’amusent sans en comprendre la portée, elle mise tout en celui qui saura l’engrosser. Jusqu’à épuisement ? Sûrement pas, puisque guidée, lobotomisée, aveuglée par ses rêves de routine, elle saura s’obstiner. D’attitude sainte à volonté sans limites, elle finira par trouver le pigeon père qu’elle attendait.

Mais, ayant brûlé les étapes, sauté les caps, c’est alors lorsqu’elle aura physiquement 50 mais mentalement 70 ans qu’elle réalisera qu’une bonne cuite et un gros gang bang ne seraient pas de trop. Seulement, après un divorce et 5 enfants à charge sur le dos, elle devra par dessus tout entretenir le cadre qu’elle avait tellement, tellement rêvé.

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