L'art au service de la phobie sociale.

Voir autrement : dans une société revisitée

Le système est organisé de façon à ce que nous dépendions de contraintes économiques, sociales, étatiques. Elles nous paraissent aujourd’hui naturelles tant elles sont incrustées dans les moeurs.

 Etre « normal », c’est justement ne pas remettre en cause cette fameuse « norme » profondément encrée, au grand dam de quelques réactionnaires. Ceux-ci, sous différentes formes, analysent un système qui, à leurs yeux, brime celui qui n’accepte pas de s’y conformer. 

Philosophie, littérature ou cinéma, voici un florilège non exhaustif de ceux qui osent penser.

une-vie

Paru aux Editions La Découverte

 André Gorz, philosophe et journaliste, écrivait : « J’ai toujours rêvé de pouvoir faire ce que je veux. Et de ne plus devoir dépendre de contraintes économiques ».  Réfléchir à la notion d’autonomie dans une société régie par la norme, la lois et la servitude est le but  que l’autodidacte avait choisi de se donner. Pour lui, le travail n’est et ne doit pas être vu comme l’outil utile à enrichir l’économie d’un état, mais comme celui nécessaire à l’accomplissement. « L’homme travaille parce que la vie est travail et qu’on ne se réalise qu’en faisant quelque chose qui nous exprime et en quoi on se reconnaisse ». Plutôt que de voir sa fonction comme la nécessité de gagner de l’argent, il faut donc comprendre que la véritable fin est l’émancipation de l’être et sa capacité à s’épanouir à travers l’expression de sa création. Travail serait donc synonyme de création et correspondrait de fait aux aspirations et compétences de chacun.  A ces fins, l’idée d’un « revenu inconditionnel» est défendue: quelle que soit son statut, l’individu devrait percevoir une somme fixe.  La stigmatisation, la pression sociale, et encore bien d’autres maux contemporains pourraient être alors évités. Finalement, pour cet intellectuel peu reconnu car il n’a justement pas suivi un cursus classique, « les individus doivent se donner leurs propres lois ». Difficile pour l’instant à imaginer dans un monde qui pousse ses soldats à être « corporate », « compétitifs» et à courir après une promotion.

*Une partie de l’interview de Willy Gianinazzi au sujet d’André Gorz est disponible ici. L’interview complète se trouve dans le Télérama daté du 8 au 14 Octobre.

L'insurrection qui vient.jpg Dans un genre très différent, L’insurrection qui vient est plus direct, plus offensif et plus radical. On lit un rejet total du système mis place, et notamment de ceux qui nous gouvernent : l’état, la police, les lois qui en découlent.  Plus politique que philosophique, le livre prône une révolution contre « l’apocalypse en marche ». Pour les auteurs anonymes  (« le comité invisible »),  il faut : « se trouver », « s’organiser », puis « s’insurger ». C’est la seule solution.  Le livre est divisé en cercles qui rappellent l’Enfer imaginé par Dante dans la  Divine Comédie. L’ouvrage est également et surtout celui qui fût retenu comme pièce à conviction dans l’affaire Tarnac, trouvé chez le supposé coupable d’un fait qui demeure irrésolu. La dite affaire, a, d’autre part, permis de remettre  en cause les méthodes de la DCRI. Cocasse hasard que ce livre en soit le symbole. 

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Sorti le Mercredi 12 Octobre en salles

Au cinéma aussi, plus récemment puisque Captain Fantastic est sorti ce mercredi,  on  dépeint une société (Américaine dans ce cas) néfaste. L’alimentation bourrée d’OGMs détruirait nos organes, le numérique attaquerait nos cerveaux, et les règles entacheraient notre liberté. Du coup, Ben (Viggo Mortensen) décide d’élever ses 7 enfants en autarcie totale, en plein milieu d’une forêt, inhabitée cela va se soi.  Pour entretenir de parfaites compétences mentales et physiques, ses progénitures étudient la philosophie,  chassent le chevreuil  et escaladent la montagne. Résultat : ils parlent 6 langues, savent débattre comme des adultes cultivés et survivraient sans problème dans les bois. En revanche, ils ne connaissent rien au monde réel et tous ses enjeux aussi futiles que nécessaires. Quelle est la frontière à ne pas franchir entre la marginalisation extrême qui  nous rendrait malheureux et le sur-asservissement qui nous rendrait bêtes ?

Sans pousser à l’anarchie, les oeuvres questionnant sur une entité qui semble inébranlable (et efficace sur la plupart de ses cons-citoyens) apportent une pierre nécessaire à l’édifice de la réflexion. 

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