L'enfer, c'est les autres

Le look street est-il un truc de blaireau ?

C’est la mode depuis 2 ans, 3 peut-être. Possible aussi que ça dure depuis bien plus longtemps mais que je ne l’ai remarqué que depuis peu car j’observe de plus en plus les gens pour combler la vacuité de mon existence.

Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression de voir de plus en plus de personnes se balader en abordant ce que je définirais par « look street ». Si je devais tenter d’approfondir la définition, je dirais qu’il s’agit d’un style urbain décontracté, voir sportif, qui outrepasse les codes de la sophistication. Typiquement, un looké street aborderait des baskets, un sweat et un pantalon un peu trop large. Le but du look street serait de se sentir pleinement à l’aise dans un environnement non-rural.

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A première vue, l’intention est honnête. Honorable, même, puisqu’elle atteste notamment d’un désintérêt pour le jugement de l’Autre. Sauf que les marques « old school » se sont emparé du phénomène. Citadium, en distribuant certaines d’entre elles,  en est l’exemple rêvé.  On y trouve  donc des accessoires street, comme par exemple des paires de baskets Nike vintage, des sweat Fila eighties à  des jeans Levi’s 501. Sauf que, parmi eux, rien ne vaut moins de 100 euros. Ca fait cher le look pas prise de tête et décontracté.  J’ai dans l’idée que quand tu te ballades avec 500 balles de fringues sur toi, t’es plus vraiment un mec pleinement à l’aise et prêt à enfourcher ton skate pour rouler effrontément sur le sol formaté des grandes agglomérations. Tu deviens en quelque sorte un jeune petit bourgeois à cours d’idées qui essaie de s’acheter une personnalité.

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Ton problème, si je puis me permettre, Kevin, et aussi celui de ces milliers de jeunes petits connards du Citadium,  c’est que la seule culture street que tu possèdes se résume à un CD d’Eminem acheté pendant ta crise d’ado dans les années 2 000. Cette tentative de style n’est autrement qu’un affreux palliatif à ta médiocrité. Elle répond aussi à la volonté de combler ton besoin de subversion. Le look street se veut accessible. C’est un peu l’essence de son idéal. En étant ainsi galvaudé, il n’est pourtant plus que le miroir d’un amas d’abrutis asservis à un système de consommation dont ils essaient en vain de s’extirper. Attention, Kevin, tous les connards ne sont pas des lookés street, mais tous les lookés street sont des connards. Bon shopping.

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